Le diagnostic de vulnérabilité inondation est l’étude qui identifie, bâtiment par bâtiment, les points faibles face à une crue et les travaux utiles pour réduire les dégâts. Selon le dispositif dont vous relevez (programme PAPI, prescriptions d’un PPR, expérimentation MIRAPI), il peut conditionner le financement de vos travaux par le Fonds Barnier. Voici ce qu’il contient, qui peut le réaliser, quand il est nécessaire et qui le paie.
Définition du diagnostic de vulnérabilité

Le diagnostic de vulnérabilité inondation est une étude technique avec visite sur place. Elle confronte la hauteur d’eau de référence du secteur aux cotes du bâtiment (planchers, seuils des ouvertures, équipements sensibles) et en déduit les mesures d’adaptation à mettre en œuvre : protéger les ouvertures, empêcher le refoulement des réseaux, mettre les équipements hors d’eau, organiser la mise en sécurité des occupants.
Pour le Fonds Barnier, le guide national de la DGPR demande deux choses au diagnostic : une connaissance fine de l’aléa et une visite du bien par le prestataire qui le réalise. Le code de l’environnement prévoit le financement de ces études à l’article L561-3 et en fixe le taux à l’article D561-12-7.
L’objectif : investir dans les bonnes protections, à la bonne hauteur, dans le bon ordre. Sans diagnostic, on risque d’équiper une porte avec un batardeau trop bas ou d’oublier le clapet anti-retour qui aurait évité l’inondation par les canalisations.
ALABRI, CEPRI : qui fait quoi ?

ALABRI n’est ni une méthode officielle ni une certification. C’est le nom repris par de nombreux programmes locaux de diagnostics gratuits portés par des collectivités : ALABRI de l’EPTB Eaux & Vilaine, Nîm’Alabri, CAS’ALABRI en Sophia Antipolis, ALABRI du Gave de Pau… Ces programmes s’inscrivent le plus souvent dans un PAPI (programme d’actions de prévention des inondations).
La méthode de référence pour diagnostiquer un bâtiment est le guide du CEPRI (Centre européen de prévention du risque d’inondation), Le bâtiment face à l’inondation. Diagnostiquer et réduire sa vulnérabilité (2010). La liste des travaux qui peuvent être financés est fixée par un arrêté du 23 septembre 2021.
Un diagnostic se déroule en général ainsi :
- Visite du bien : relevé des ouvertures, des équipements, du sous-sol, des réseaux et des abords.
- Analyse de l’aléa : hauteur d’eau de référence (PPR, laisses de crue ou cote forfaitaire) comparée aux cotes des planchers et des seuils.
- Liste des mesures : protections des ouvertures, clapets anti-retour, mise hors d’eau des équipements, mesures de mise en sécurité, chiffrées et hiérarchisées.
- Rapport : document écrit remis au propriétaire, avec plans, photos et estimation du coût des travaux.
- Accompagnement : dans les programmes publics, la prestation peut inclure l’aide au montage du dossier de subvention.
Contenu d’un rapport de diagnostic complet
Un rapport de diagnostic sérieux contient au minimum les éléments suivants. Vérifiez leur présence avant de l’accepter.
Adresse, parcelle cadastrale, surface, occupants, plan masse, photos extérieures et intérieures, usage (résidence principale, secondaire, local professionnel).
Document de référence (PPR, laisses de crue relevées ou cote forfaitaire), hauteur d’eau retenue et sa justification, historique des arrêtés Cat-Nat vérifiable sur Géorisques.gouv.fr.
Ouvertures situées sous la hauteur d’eau de référence, équipements sensibles (tableau électrique, chaudière, pompe à chaleur), matériaux sensibles à l’eau, sous-sol, réseaux d’assainissement.
Liste hiérarchisée des travaux (protection des ouvertures, clapet anti-retour, mise hors d’eau des équipements, zone refuge) avec estimation du coût.
Ce qu’il faut préparer avant la crue et faire à l’alerte : couper les réseaux, installer les protections, se tenir informé (Vigicrues).
Dispositif applicable (PAPI, prescription de PPR, MIRAPI ou aucun) et taux correspondant : jusqu’à 80 % pour un logement, 40 % pour un bien professionnel d’une entreprise de moins de 20 salariés.
Synthèse des risques qui subsistent après travaux, limites des protections, conseils complémentaires.
Qui paie le diagnostic, et quand conditionne-t-il le Fonds Barnier ?

Trois situations, selon l’endroit où se trouve votre bien :
- Vous êtes dans le périmètre d’un PAPI avec un volet vulnérabilité : le diagnostic est commandé et payé par la collectivité qui porte le programme, avec une aide du Fonds Barnier pouvant atteindre 50 % de son coût (article D561-12-7). Il est généralement gratuit pour vous. Les travaux financés sont ceux que ce diagnostic identifie. Renseignez-vous auprès de votre mairie ou du syndicat de bassin.
- Votre commune est couverte par un PPR approuvé qui prescrit des travaux sur les bâtiments existants : ce sont les mesures rendues obligatoires par le PPR qui sont finançables, à 80 % pour un logement. Les mesures identifiées par un diagnostic mais non prescrites par le PPR ne relèvent pas de ce financement.
- Votre commune fait partie des territoires de l’expérimentation MIRAPI (communes sinistrées désignées dans les Alpes-Maritimes, les Landes, le Nord et le Pas-de-Calais) : vous pouvez faire réaliser le diagnostic par le prestataire de votre choix, pris en charge à 100 % dans la limite de 750 €. Avec diagnostic, les dispositifs de protection sont financés à 100 % ; sans diagnostic, à 60 % (70 % pour les ménages modestes). L’expérimentation s’achève légalement le 26 septembre 2026 et les inscriptions sont déjà closes dans certains territoires (depuis le 31 août 2025 dans l’Audomarois) : renseignez-vous auprès de votre préfecture.
En dehors de ces cas, aucune aide nationale ne finance un diagnostic commandé par un particulier : son prix est alors fixé librement par le prestataire. Demandez un devis détaillé qui précise le contenu du rapport et la visite sur place.
Pour un logement, les travaux éligibles sont financés par le Fonds Barnier à hauteur de 80 % du coût HT, dans la limite de 36 000 € par bien et de 50 % de la valeur vénale du logement (source : Géorisques — Le soutien financier du Fonds Barnier). Pour les biens professionnels des entreprises de moins de 20 salariés, le taux est de 40 %. Les démarches sont décrites sur Service-Public.fr — Aides FPRNM.
Fonds Barnier, Cat-Nat et diagnostic : ne pas confondre

Le diagnostic de vulnérabilité s’inscrit dans une logique de prévention, à ne pas confondre avec l’indemnisation :
- Le Fonds Barnier (FPRNM) est un fonds de prévention. Il finance des études et des travaux réalisés avant un sinistre pour réduire la vulnérabilité du bâti. Il ne finance pas la remise en état après sinistre.
- Le régime Cat-Nat est un dispositif d’indemnisation. Il intervient après un sinistre reconnu par un arrêté de catastrophe naturelle publié au Journal officiel. La franchise restant à votre charge est de 380 € pour les habitations et tous les autres biens à usage non professionnel (véhicules personnels compris), et de 1 520 € pour les dommages dus à la sécheresse ou à la réhydratation des sols — source : Service-Public.gouv.fr.
Ce que le diagnostic change pour votre projet de protection

- Éviter les erreurs d’investissement. Sans diagnostic, on installe parfois un batardeau de 60 cm là où il en faudrait 90, ou on oublie le clapet anti-retour sur le réseau d’assainissement. Le diagnostic dimensionne chaque protection d’après la hauteur d’eau de référence.
- Ouvrir le financement quand le dispositif l’exige. En PAPI, seuls les travaux identifiés par le diagnostic de la collectivité sont finançables. Dans les territoires MIRAPI, il fait passer le financement des protections de 60 % à 100 %.
- Constituer un dossier complet. Le rapport décrit le bien, l’aléa et les travaux : la base du dossier que vous déposerez auprès des services de l’État.
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Questions fréquentes
Qui peut réaliser un diagnostic de vulnérabilité inondation ?
Aucun texte national n’impose d’agrément, de certification ou d’inscription sur une liste officielle. Le CEPRI indique qu’une personne disposant de compétences techniques liées au bâtiment, comme on en trouve dans les bureaux d’études ou les entreprises du bâtiment, peut mener ces diagnostics en s’appuyant sur sa méthode. Dans un PAPI, c’est le prestataire mandaté par la collectivité qui intervient. Certains PPR peuvent fixer leurs propres exigences : lisez le règlement de votre commune.
Le diagnostic est-il obligatoire pour installer un batardeau ?
Pas pour l’installer. Pour le faire financer, cela dépend du dispositif : en PAPI, le batardeau doit figurer dans le diagnostic de la collectivité ; pour une mesure prescrite par un PPR, c’est la prescription qui compte ; dans les territoires MIRAPI, le diagnostic porte le financement de 60 % à 100 %. Il n’existe pas de seuil de montant qui le rendrait obligatoire.
Combien de temps reste valable un diagnostic ?
Aucun texte national ne fixe de durée de validité. Une révision du PPR, un nouvel événement ou des travaux sur le bâtiment peuvent en rendre les conclusions obsolètes : en cas de doute, interrogez le service instructeur (DDT ou DDTM) avant de déposer votre dossier.
Qu’est-ce que le diagnostic ALABRI ?
C’est un diagnostic réalisé dans le cadre d’un programme local portant ce nom (EPTB Eaux & Vilaine, Nîmes, Sophia Antipolis, Gave de Pau…). Il est généralement gratuit pour le propriétaire et réalisé par le prestataire mandaté par la collectivité. ALABRI n’est pas une certification : un diagnostic peut être sérieux et complet sans porter ce nom.
Le coût du diagnostic est-il pris en charge par le Fonds Barnier ?
Dans un PAPI, oui, mais indirectement : c’est la collectivité qui commande le diagnostic et reçoit une aide pouvant atteindre 50 % de son coût (article D561-12-7 du code de l’environnement) ; il est généralement gratuit pour vous. Dans les territoires MIRAPI, il est pris en charge à 100 % dans la limite de 750 € (arrêté du 31 janvier 2024). Ailleurs, aucune aide nationale ne finance un diagnostic commandé par un particulier.
- Fonds Barnier : protection anti-inondation financée jusqu’à 80 %
- Fonds Barnier (FPRNM) : définition Floody
- PPRi : définition Floody
Sources officielles : Code de l’environnement, art. L561-3 · art. D561-12-7 · arrêté du 23/09/2021 · arrêté MIRAPI du 31/01/2024 · Guide DGPR de mobilisation du FPRNM (2021) · CEPRI, Le bâtiment face à l’inondation (2010) · Géorisques.gouv.fr · Service-Public.gouv.fr. Dernière mise à jour : septembre 2026.
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