Introduction aux inondations en France
Contexte et enjeux des inondations en France
Les défis associés à la gestion des risques d’inondation sont multiples et ils sont liés aux rôles assignés par l’homme aux zones inondables. Elles servent à la fois de zones propices au développement économique, de milieux cruciaux pour la dynamique des hydrosystèmes et la biodiversité. L’objectif principal est d’harmoniser le développement économique avec la préservation des écosystèmes naturels. Ce qui constitue le défi central de la gestion des risques d’inondation.
Les enjeux associés à la gestion des risques d’inondation incluent également la promotion de la perméabilisation des sols, la préservation du fonctionnement des hydrosystèmes et la restauration des espaces riverains. Ces éléments clés sont essentiels pour une gestion intégrée et naturelle des risques d’inondation. Ces mesures visent à renforcer la résilience des écosystèmes et à réduire les impacts des inondations face aux changements mondiaux. De plus, cette approche offre des avantages significatifs pour la gestion durable de l’eau et la préservation de la biodiversité.
Quelle l’histoire des inondations en France et quelles leçons en tirer ?
Événements historiques et récents d’inondations en France
Les inondations récentes dans les Alpes-Maritimes, Hautes-Alpes, Alpes-de-Haute-Provence et Var, aggravées par la tempête Alex, ont montré la gravité des conditions météorologiques extrêmes dans le sud-est de la France. Le 2 octobre 2020, Saint-Martin-Vésubie a battu un record avec 300 litres de pluie par mètre carré. Ces événements rappellent l’importance de revisiter les inondations historiques pour mieux comprendre ce risque majeur.
Parmi les événements marquants, la crue de l’Ardèche du 9 octobre 1827, avec 792 mm de pluie en 21 heures à Joyeuse, et la crue des Gardons des 8 et 9 septembre 2002, avec 687 mm en 21 heures à Anduze, illustrent la puissance des phénomènes pluvieux extrêmes et la nécessité d’une gestion efficace des cours d’eau.
D’autres exemples incluent la crue du Tarn des 28 et 29 septembre 1900, avec 950 mm de pluie en 24 heures à Valleraugue et la crue du Tech du 16 au 21 octobre 1940, avec 1 000 mm de pluie en 24 heures et 1 930 mm en 5 jours à Saint-Laurent-de-Cerdans. Ces événements historiques montrent les défis persistants de la gestion des inondations en France.
L’île de La Réunion, avec ses relevés pluviométriques parmi les plus élevés au monde, illustre l’impact des cyclones comme Denise (1966), Gamède (2007) et Hyacinthe (1980), qui ont engendré jusqu’à 6 083 mm de pluie en 15 jours.
À savoir qu’il existe des crues centennales et décennales, ce sont des événements majeurs de crues qui se produisent respectivement avec une probabilité de retour d’une fois tous les cent ans et une fois tous les dix ans en moyenne.

Les inondations en France montrent l’urgence de renforcer la prévention et la planification, notamment en élaborant des Plans de Prévention des Risques d’Inondation (PPRI) et en adoptant des pratiques d’urbanisme adaptées, comme restreindre la construction dans les zones inondables et créer des espaces verts pour absorber l’eau. Il est également crucial d’améliorer les infrastructures de gestion des eaux pluviales pour prévenir leur saturation et atténuer les impacts futurs.
Risques associés aux inondations en France
Facteurs géographiques, climatiques et zones à risque des inondations en France
Certaines caractéristiques des territoires peuvent accentuer le risque d’inondation en cas d’événement climatique important en France.
Avec l’urbanisation croissante, certaines villes se sont développées sur les trajectoires naturelles d’écoulement des eaux. Ce qui les rend plus vulnérables aux inondations.
Le développement des surfaces imperméabilisées est une cause majeure et un facteur aggravant des inondations. La suppression d’espaces naturels de rétention et de ralentissement des eaux, due à l’évolution des pratiques agricoles et forestières, affecte l’équilibre. Cela joue également un rôle crucial dans la formation, l’aggravation et la dynamique des inondations.
La topographie influence aussi l’exposition des territoires au risque d’inondation. Dans les zones de relief accidenté, l’eau se concentre et peut déborder les obstacles. Par conséquent, cela provoque des dégâts importants lors de son arrivée soudaine et violente. En plaine, l’absence de relief empêche une évacuation naturelle rapide des eaux.
L’état du sol et les caractéristiques du sous-sol influencent également la survenue des inondations. L’état du sol détermine la vitesse et le volume de l’écoulement des eaux. Une surface lisse permet aux eaux de s’écouler librement, sans les ralentir. Tandis que la sécheresse, le gel et l’artificialisation des sols augmentent les volumes d’eau. Les caractéristiques du sous-sol, telles que la présence d’une couche argileuse imperméable proche de la surface, influencent la gestion de l’humidité. Elles peuvent ainsi favoriser la saturation des sols en eau et, par conséquent, l’écoulement en surface.
64 % des Français de métropole vivant dans des communes à risque d’inondation ignorent leur exposition. Interrogé sur les problèmes environnementaux, seulement un sur dix mentionne les risques naturels. Donc, il reste à prendre conscience de ces enjeux.
Conséquences socio-économiques des inondations
Les inondations peuvent provoquer des dommages considérables sur plusieurs plans. Pour l’environnement, elles entraînent l’érosion des sols. Menacent certaines espèces, détruisent des habitats naturels et propagent la pollution, incluant le déversement des eaux usées. Économiquement, elles causent des pertes agricoles, paralysent les transports, interrompent les activités, retardent les projets d’investissement. Elles endommagent également les structures et habitations. Cela est dû notamment au retrait gonflement des argiles. Socialement, elles forcent les évacuations, laissent des foyers sans électricité, rendent des logements inhabitables, provoquent des coupures téléphoniques. Cela cause des problèmes comme la déshydratation.

Réduire ma vulnérabilité face aux inondations
Quels travaux puis-je faire pour me protéger ?
Pour se protéger, plusieurs mesures peuvent être adoptées selon le logement et le budget disponible :
- Sécuriser le circuit électrique en séparant le réseau des pièces inondables de celui des autres pièces. En plaçant les équipements électriques au-dessus du niveau inondable et en installant des prises de courant en hauteur.
- Stocker en hauteur les produits polluants comme le fioul ou le carburant pour éviter leur dispersion lors d’une inondation.
- Aménager une zone de refuge en hauteur, accessible de l’intérieur et permettant de sortir (par un velux, un balcon) lors de l’arrivée des secours. De plus, il est conseillé de placer un kit d’urgence de 72 heures.
- Baliser les piscines ou bassins pour les rendre visibles même pendant l’inondation (pour éviter la noyade des secours). Vous pouvez éviter des problèmes en utilisant des piquets suffisamment hauts aux quatre coins du bassin.
- Installer des batardeaux (panneaux ou structures amovibles) sur les portes pour limiter les entrées d’eau et de boue dans l’habitation (hauteur maximum 80 cm pour éviter des pressions trop fortes sur l’habitation).
- Installer une pompe submersible dans les sous-sols (ou, si non submersible, au-dessus du niveau inondable), reliée à une source d’énergie sécurisée. Pour évacuer l’eau rapidement après l’inondation.
- Installer des clapets anti-retour sur le réseau d’eaux usées pour empêcher les eaux usées de remonter à l’intérieur de l’habitation (si les réseaux d’assainissement sont saturés, les eaux peuvent remonter au niveau des WC et éviers).
- Rehausser les systèmes de chauffage (pompes à chaleur, chaudières) ou les installer dans une pièce non inondable. Afin d’assurer leur fonctionnement pendant et après l’inondation, il est important de les maintenir en bon état.



